
La réincarnation est comme le
lapin Energizer. Toujours elle poursuit son chemin. C'est un concept qui dure ; il
résiste au passage du temps en dépit des nombreuses attaques des sceptiques. En
considérant sa longue histoire, on ne peut sempêcher de se demander comment une
croyance aussi ancienne arrive encore à fasciner certains esprits modernes et
développés, en cette époque où d'autres idées de l'Antiquité (la terre plate par
exemple) ont depuis longtemps été rejetées. Les adeptes du I-Kuan Tao
considèrent la réincarnation comme une vérité évidente en soi, mais en Occident une
telle conclusion est loin dêtre universellement reçue. Le fait que la science nous
ait permis de réaliser tant de choses en ce monde nous amène peut-être à tout mesurer
selon ses normes. Que la spiritualité soit non physique et que les méthodes de la
science soient enracinées dans la réalité physique nous importe peu, semble-t-il. Nous
voulons toujours savoir sil est possible de « prouver » la
réincarnation. J'observe dintéressantes
manifestations de la nature humaine au cours de ce grand débat. Par exemple, souvent les
sceptiques se qualifient dindividus raisonnables, intelligents et instruits ;
aussi se placent-ils au-dessus des croyants. Jetez un coup d'il à cet échange
concret entre deux sceptiques:
Sentez-vous l'arrogance qui
transpire de ces mots? Pas très attrayant, nest-ce pas? Il apparaît que ces deux
individus considèrent les croyants comme des imbéciles, des ignorants qui manquent
d'objectivité. Il est ironique de constater
quen fait ce sont ces deux sceptiques qui savèrent ignorants. Ils appuient
leur raisonnement sur un simple malentendu de la doctrine bouddhiste. Ce que le Bouddhisme
considère illusoire n'est pas et n'a jamais été l'âme, mais plutôt notre isolement
individuel ou notre séparation les uns des autres. « Le Moi est une
illusion. » Ceci signifie tout simplement que vous et moi ne faisons quun.
Nous sommes un tout relié, des gouttelettes d'eau dans l'océan métaphysique des âmes.
Nous empruntons laspect dindividus dans cet univers physique afin
daccélérer notre apprentissage et notre croissance spirituelle, mais à la fin
nous réintégrons l'océan et fusionnons avec lui. La totalité de cet océan cosmique
porte bien des noms - Nirvana, Dieu, Tao, Lao Mu, Âme universelle - mais peu importe la
façon dont nous choisissons de lappeler, vous et moi en faisons partie. Nous ne
pouvons jamais être véritablement séparés de lui, ou les uns des autres. Une autre manière
denvisager ce concept est de nous considérer nous-mêmes comme des cellules
individuelles dans létendue de lunivers. De même que chaque cellule est un
monde en elle-même, chacun de nous possédons une personnalité unique; exactement comme
les cellules qui, dans un organisme, forment un tout indivisible, nous aussi sommes
inextricablement liés les uns aux autres. L'idée dun « Moi » limité ne
s'applique tout simplement pas lorsque lon fait un avec la plus grande totalité. N'est-ce pas là un excellent
enseignement? Ne comprenant rien à lessentiel, les deux sceptiques cités ci-dessus
se révèlent être dimbéciles ignorants... au cours dune manifestation
plutôt intéressante de la nature humaine. Dans leur ardeur à démontrer
leur justesse, souvent les sceptiques ségarent bien loin du véritable esprit de la
recherche scientifique - bien quils se perçoivent comme des champions de la
science. Une fois confrontés à une évidence irréfutable ou à des faits troublants,
difficilement explicables sans avoir recours à la réincarnation, ces gens sont
susceptibles de prononcer un vif rejet : « Il y aura toujours des mystères
inexpliqués. Ça ne signifie pas nécessairement que la réincarnation soit
vraie. » Il y a un problème avec cette
position : on peut y avoir recours pour rejeter à peu près chaque preuve en faveur
de la réincarnation. Aucune place pour de nouvelles découvertes; tout doit se conformer
à un paradigme préconçu selon lequel aucun phénomène paranormal peut être vrai. On
appose létiquette « inconnu » à tout ce qui ne s'adapte pas à ce
paradigme et lon ignore ces faits, peu importe à quel point ils peuvent
savérer irrécusables. Existe-t-il des preuves aussi
solides et convainquantes dans le domaine de la réincarnation? Oui. Par exemple, tous
ceux qui le désirent peuvent examiner les études méticuleuses du Dr. Ian Stevenson sur
des enfants éprouvant des souvenirs spontanés de vies passées. Parmi les nombreux cas véridiques
rapportés dans les dossiers du Dr. Stevenson, on retrouve celui dun jeune garçon
qui se rappelle avoir été un mécanicien décédé lors dun accident de voiture.
Dans limpossibilité de nous apprendre quoi que ce soit au sujet du mécanicien, le
garçon put néanmoins dénommer spécifiquement et avec exactitude le conducteur, les
lieux de laccident, les membres de la famille du mécanicien ainsi que les amis de
ce dernier. On dénombre environ trois mille
cas comme celui-ci, tous scrupuleusement documentés et vérifiés. Il est possible que
certains d'entre eux sexpliquent par déventuels canulars, coïncidences ou
fabulations, mais pas tous. Un penseur vraiment objectif ne peut quattribuer un
certain poids à cette montagne d'évidence. Cependant les sceptiques tentent de la discréditer, indiquant que les cas recensés par le Dr. Stevenson proviennent en grande partie d'Inde et d'autres pays de lOrient, là où la réincarnation est une notion beaucoup plus admise. Les enfants de telles cultures sont influencés par leur environnement, soutiennent-ils, et sont donc bien plus susceptibles dinventer de semblables histoires en se plaçant eux-mêmes dans le rôle vedette. Regardons cette affirmation de
plus près et posons-nous quelques questions. Absence de preuve signifie-t-elle
nécessairement preuve dabsence? En d'autres termes, quimplique réellement la
relative pénurie de cas aux États-Unis? Cela signifie-t-il que les enfants américains
ninventent pas dhistoires à propos de vies antérieures, ou bien alors qu'ils
sont moins susceptibles de partager leurs réminiscences au sein dun environnement
où la réincarnation est loin dêtre universellement acceptée? Autre question à considérer: Si
les enfants occidentaux décidaient
dexprimer leurs souvenirs, leurs parents sen rendraient-ils même compte?
Arriverait-il seulement à ces derniers dadmettre la réincarnation comme possible
explication dun tel témoignage, ou le considéreraient-ils simplement comme
létalage dune imagination enfantine en pleine action? Les enfants qui se rappellent
leurs vies antérieures sont tout simplement en train de sinventer un scénario
coloré et basé sur un conditionnement culturel, pourrait-on avancer.
Mais comment
alors expliquer dans les cas du Dr. Stevenson tous ces détails concordants qui repoussent
les limites du vraisemblable? À la lumière de ces faits, je me
permets de croire que vous devinerez combien il est difficile de maintenir la position
sceptique. C'est essentiellement une excuse facile, non pas le fruit de la véritable
pensée scientifique. Quelque chose est à
luvre ici. Quelque chose de merveilleux. Pourquoi scruter chaque explication
possible alors que la plus évidente suffit amplement? Pourquoi devrions-nous tomber à
nouveau dans les « Je ne sais pas » ou les « Je ne suis pas sûr »
et aussitôt tirer le rideau sur le problème? Vraiment, il y a là de quoi se
réjouir. Nous parlons ici de quelques raisons éloquentes pour qu'une personne ouverte
desprit accueille favorablement et considère sérieusement la notion selon
laquelle la mort physique n'est pas la fin. Nos âmes se remettront en route. Avec
lassistance de maîtres et desprits apparentés (ou âmes surs), nous
déterminerons le prochain ensemble denseignements lors dune prochaine
incarnation. Le processus continue et nous, comme le lapin Energizer, poursuivrons
indéfiniment notre chemin, encore et encore et encore et encore
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